Un dirigeant que j'accompagnais m'a appelée un vendredi soir : un ancien salarié contestait son licenciement, la facture d'avocat dépassait déjà 2 000 euros, et il n'avait rien pour l'absorber. Une assurance de protection juridique professionnelle peut prendre en charge tout ou partie des frais liés à un litige, mais uniquement dans les limites prévues au contrat. Elle peut notamment fournir des informations juridiques, rechercher une solution amiable et participer aux frais d'avocat, d'expertise ou de commissaire de justice lorsque ces dépenses entrent dans les garanties souscrites.

Pourquoi souscrire une assurance de protection juridique pour son entreprise ?

Une protection juridique professionnelle aide l'entreprise à traiter certains litiges en prenant en charge, selon le contrat, des prestations d'information juridique, de recherche d'une solution amiable et de défense. Les frais d'avocat, d'expertise ou de commissaire de justice peuvent également être couverts, mais avec des plafonds, des seuils et un barème de prise en charge qu'il faut vérifier avant de souscrire.

Les situations couvertes dépendent du périmètre choisi. Un contrat peut prévoir des garanties pour certains litiges avec des clients, des fournisseurs, des salariés ou des administrations, mais ces domaines ne sont pas automatiquement couverts par toute protection juridique professionnelle. Un conflit prud'homal, un différend avec l'Urssaf ou un litige fiscal ne doit donc être présenté comme couvert que si la garantie correspondante figure bien dans le contrat.

Autre point à connaître : la protection juridique ne signifie pas que tous les frais engagés seront remboursés. Le contrat fixe généralement un plafond de prise en charge par dossier ou par période, ainsi que des montants maximums pour certaines interventions.

Combien coûte une assurance de protection juridique pour une entreprise ?

Il n'existe pas de tarif unique applicable à toutes les entreprises. Le prix dépend notamment de l'activité, de la taille de l'entreprise, du niveau de garanties choisi, du nombre de personnes couvertes et des conditions du contrat. Une protection juridique peut être souscrite séparément ou intégrée à certains contrats d'assurance professionnelle.

Les tarifs affichés en ligne ne suffisent donc pas pour comparer deux offres. Une cotisation moins élevée peut correspondre à un périmètre de garanties plus restreint, à des plafonds plus faibles ou à des seuils d'intervention plus élevés. Pour comparer correctement, il faut regarder le détail de la protection proposée et pas seulement le montant annuel de la prime.

Bien choisir son assureur de protection juridique

Le prix affiché ne dit pas grand-chose de la qualité réelle du contrat. Trois points méritent une lecture attentive : le seuil d'intervention, le plafond de prise en charge et les exclusions. Il faut aussi vérifier les éventuels délais prévus par le contrat, notamment lorsqu'ils limitent la prise en charge de certains litiges.

Les honoraires d'avocat demandent une attention particulière. L'entreprise conserve le libre choix de son avocat dans les conditions prévues par le Code des assurances. En revanche, l'assureur ne prend pas nécessairement en charge l'intégralité des honoraires facturés. Le contrat peut prévoir un barème ou des plafonds de remboursement. Les honoraires sont fixés entre l'avocat et son client, et l'éventuel dépassement du montant pris en charge par l'assureur peut rester à la charge de l'assuré.

Astuce de Chloé. Avant de comparer les cotisations, demandez le montant maximum pris en charge pour les honoraires d'avocat et les autres frais de procédure. C'est souvent plus parlant qu'un tarif annuel affiché en gros sur le devis.

Ce que la protection juridique ne couvre pas

La protection juridique n'a pas pour fonction de remplacer une assurance de responsabilité civile. Elle intervient pour défendre ou faire valoir les intérêts de l'assuré dans les litiges prévus au contrat. Elle ne doit pas être présentée comme une assurance qui règle automatiquement les sommes auxquelles l'entreprise pourrait être condamnée.

Les amendes et pénalités ayant un caractère sanctionnateur ne sont notamment pas assimilables aux frais de défense. De même, le paiement de dommages et intérêts dus à la partie adverse relève d'une autre logique d'assurance et dépend, le cas échéant, des garanties de responsabilité souscrites. Il faut donc distinguer les frais engagés pour défendre ses intérêts des sommes que l'entreprise pourrait devoir payer à la suite d'une décision.

Les limites à connaître avant de souscrire

Chaque contrat fixe ses propres conditions de prise en charge. Il peut notamment prévoir un plafond par litige ou un plafond annuel, un seuil d'intervention, des exclusions et des modalités particulières pour les litiges déjà connus au moment de la souscription.

La protection juridique ne doit donc pas être considérée comme une couverture automatique de tous les conflits de l'entreprise. Un différend avec un ancien associé, un litige social, une procédure fiscale ou un contentieux avec un client ne sera pris en charge que si le contrat couvre effectivement ce type de situation et si les autres conditions de garantie sont remplies.

Il faut également déclarer le litige selon les modalités prévues par le contrat. Le Code des assurances précise notamment que les consultations ou actes de procédure réalisés avant la déclaration du sinistre ne sont en principe pas pris en charge, sauf lorsqu'une situation d'urgence peut le justifier.

Les différentes formes de protection juridique

On peut rencontrer plusieurs niveaux de protection juridique, mais leur contenu varie selon les contrats. Une garantie intégrée à une autre assurance peut avoir un périmètre limité, tandis qu'un contrat dédié à l'activité professionnelle peut couvrir davantage de domaines.

  • une protection juridique incluse dans un autre contrat d'assurance, avec des garanties limitées aux risques prévus par ce contrat ;
  • une protection juridique ciblée, consacrée à certains types de litiges, par exemple dans le domaine social ou fiscal lorsque ces garanties sont expressément prévues ;
  • une protection juridique professionnelle plus large, couvrant plusieurs catégories de litiges liés à l'activité, dans les limites et conditions fixées par le contrat.

Avant de signer, demandez la notice d'information et les conditions contractuelles complètes. Vérifiez les domaines couverts, les exclusions, les seuils d'intervention, les plafonds et le barème applicable aux honoraires d'avocat. Le libre choix de l'avocat est garanti dans le cadre prévu par le Code des assurances, mais cela ne signifie pas que l'assureur remboursera sans limite les honoraires du professionnel choisi.

Dans le monde de l'entreprise, cette vigilance contractuelle vaut pour toutes les assurances professionnelles, pas seulement pour la protection juridique. Et lorsqu'un litige est déjà engagé avec un salarié, un client ou une administration, l'assurance ne remplace pas l'avocat : elle peut prendre en charge ses frais dans les conditions prévues par le contrat.

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