La fin du congé maternité ne signifie pas nécessairement la fin de l’allaitement. Une mère peut continuer à donner le sein le matin, le soir et pendant ses jours de repos, tout en prévoyant du lait maternel tiré durant ses absences. Cette nouvelle organisation demande surtout d’anticiper les journées de travail, le mode de garde et la conservation du lait.
Il n’existe pas une seule bonne méthode. Certaines mères souhaitent maintenir un allaitement exclusif, d’autres préfèrent un allaitement mixte. Le rythme dépend de l’âge du bébé, de ses habitudes, des horaires professionnels et des possibilités offertes sur le lieu de travail. La reprise peut donc se préparer sans imposer un sevrage brutal à l’enfant.
Comment continuer l’allaitement après la reprise du travail ?
Pour continuer l’allaitement après la reprise du travail, la mère peut maintenir les tétées lorsqu’elle est avec son bébé et tirer son lait pendant ses absences. Le lait recueilli est ensuite confié à la crèche, à l’assistante maternelle ou à la garde d’enfant, dans le respect des règles d’hygiène et de conservation.
Les tétées du matin, des retrouvailles, du soir et de la nuit peuvent être conservées. Pendant la journée, le bébé reçoit du lait maternel préalablement tiré. Lorsque cette organisation devient trop lourde ou que la quantité recueillie ne suffit pas, un allaitement mixte peut être envisagé avec un professionnel de santé.
La lactation fonctionne en partie selon la fréquence à laquelle les seins sont stimulés et vidés. Tirer son lait à des horaires proches des anciennes tétées peut aider à entretenir la production. Le résultat varie cependant beaucoup d’une mère à l’autre. Une quantité faible lors d’un tirage ne permet pas, à elle seule, de conclure à un manque de lait.
Il est utile de tester le tire-lait avant la reprise. La mère peut ainsi trouver une téterelle adaptée, comprendre le fonctionnement de l’appareil et repérer les moments où le tirage est le plus facile. En cas de douleur ou de blessure, mieux vaut arrêter et demander conseil à une sage-femme ou à une consultante en lactation IBCLC.
Quels sont les droits d’une salariée qui allaite au travail ?
En France, une salariée peut consacrer une heure par jour à l’allaitement pendant les heures de travail, durant l’année qui suit la naissance. Cette heure est normalement divisée en deux périodes de 30 minutes. Sauf disposition plus favorable de la convention collective, ces pauses ne sont pas rémunérées.
Les horaires sont fixés avec l’employeur. Sans accord, les pauses sont placées au milieu de chaque demi-journée de travail. Lorsque l’entreprise fournit un local dédié conforme aux règles applicables, chaque période peut être ramenée de 30 à 20 minutes.
La salariée peut allaiter son enfant dans l’établissement. En pratique, la possibilité de faire venir le bébé dépend de la distance, du mode de garde, de l’accès aux locaux et des contraintes de sécurité. Le droit prévu par le Code du travail ne signifie donc pas que la garde d’enfant peut entrer librement dans tous les espaces professionnels.
Le plus simple consiste à échanger avec l’employeur avant la reprise. La discussion peut porter sur les horaires de pause, l’accès à un espace propre et préservé des regards, ainsi que sur la présence d’un réfrigérateur adapté. La salariée a également intérêt à consulter sa convention collective, car elle peut prévoir des conditions plus favorables, notamment la rémunération des pauses.
Contrairement à une idée encore fréquente, la prolongation du congé maternité pour allaitement n’est pas automatique. Un arrêt de travail ne peut être prescrit que si l’état de santé de la mère le justifie médicalement. Un médecin ne peut pas délivrer un arrêt pour le seul motif qu’elle souhaite poursuivre l’allaitement.
Tirer et conserver le lait maternel en toute sécurité
Avant chaque expression, la mère se lave soigneusement les mains et utilise un matériel propre. Le lait est recueilli dans un contenant prévu pour le contact alimentaire, fermé puis identifié avec la date et l’heure du tirage. Des portions modestes limitent le gaspillage si le bébé ne termine pas son repas.
D’après les indications du site public 1000 premiers jours, le lait maternel peut être conservé pendant 4 heures à une température comprise entre 20 et 25 °C. Il se garde 48 heures au réfrigérateur entre 0 et 4 °C et jusqu’à 4 mois au congélateur à moins 18 °C. Ces durées ne s’additionnent pas.
Le lait doit être placé rapidement au froid. Pour le trajet, un sac isotherme propre avec des pains réfrigérants aide à maintenir une température basse. Dès l’arrivée, les contenants sont remis au réfrigérateur. Un lait décongelé ne doit jamais être recongelé.
La personne chargée de nourrir l’enfant doit connaître l’ordre d’utilisation des contenants et les conditions de réchauffage. Le four à micro-ondes est à éviter, car il peut créer des zones très chaudes et brûler la bouche du bébé. Le lait peut être proposé à température ambiante ou réchauffé doucement au bain-marie ou avec un chauffe-biberon.
Préparer le bébé et organiser la garde avant la reprise
Quelques temps d’adaptation avec la personne qui gardera l’enfant peuvent faciliter la transition. Le bébé découvre ainsi un nouveau visage, un nouvel environnement et une autre manière de recevoir son lait. Il n’est pas nécessaire de bouleverser toutes ses habitudes plusieurs semaines à l’avance.
Certains bébés acceptent immédiatement le biberon. D’autres le refusent, surtout lorsqu’il est présenté par leur mère, dont ils sentent la proximité et avec laquelle ils associent le repas à la tétée. La personne qui assure la garde peut faire un essai dans une atmosphère calme, sans forcer l’enfant ni attendre qu’il soit affamé.
Le biberon n’est pas la seule possibilité. Selon l’âge et les capacités du bébé, le lait peut parfois être proposé dans une petite tasse adaptée. Le choix doit être discuté avec un professionnel de santé lorsque l’enfant est très jeune, prématuré ou présente des difficultés pour boire ou prendre du poids.
Les consignes transmises à la garde doivent rester simples et écrites :
- l’ordre d’utilisation des contenants de lait ;
- les horaires approximatifs des repas, sans forcer le bébé ;
- la méthode retenue pour réchauffer le lait ;
- les règles à suivre pour un contenant entamé ;
- les coordonnées des parents et du professionnel de santé à contacter si nécessaire.
Une garde à domicile peut simplifier cette organisation. Le lait reste dans le réfrigérateur familial et le bébé conserve ses repères. En passant par Assadia Nancy, les parents peuvent expliquer précisément les habitudes de leur enfant et les conditions dans lesquelles le lait maternel doit lui être proposé.
La garde d’enfant ne prend toutefois aucune décision médicale. Si le bébé refuse plusieurs repas, paraît inhabituellement somnolent, mouille moins ses couches ou présente un problème de prise de poids, les parents doivent contacter rapidement le professionnel qui suit l’enfant.
Trouver un rythme supportable pour la mère et le bébé
La reprise est souvent une période fatigante. Il peut être difficile de tirer son lait autant de fois que prévu, notamment en cas de réunion, de déplacement ou de trajet prolongé. Un tirage manqué ponctuellement ne condamne pas l’allaitement. Le rythme peut être réajusté selon les réactions du corps et les besoins du bébé.
Maintenir les tétées lorsque la mère et l’enfant sont réunis aide à préserver leur routine. Les jours sans travail peuvent suivre un rythme différent de celui des jours de garde. Un bébé peut recevoir du lait tiré pendant la semaine et téter davantage le week-end sans que cela constitue nécessairement un problème.
Une douleur persistante, une rougeur du sein, de la fièvre, des crevasses importantes ou une baisse de lactation qui inquiète la mère justifient un avis professionnel. La sage-femme, le médecin, le pédiatre ou la consultante en lactation IBCLC pourra examiner la situation réelle. Le bon rythme n’est pas celui qui semble parfait sur le papier. C’est celui qui nourrit correctement le bébé sans épuiser sa mère.