Un dirigeant m'a un jour transmis un cahier des charges de trois pages qui décrivait surtout les couleurs attendues. Rien sur les objectifs commerciaux, les utilisateurs ou les contenus. L'agence pouvait créer un joli site, mais pas forcément le bon. Un cahier des charges de site internet sert justement à éviter ce décalage en précisant le besoin, le périmètre, les contraintes et les résultats attendus.

Ce document ne doit pas apporter toutes les réponses techniques avant même le début du projet. Son premier rôle consiste à poser les bonnes questions. Il devient ensuite une base commune pour consulter des prestataires, comparer leurs propositions et suivre la création ou la refonte du site.

Qu'est-ce qu'un cahier des charges de site internet ?

Un cahier des charges de site internet est un document qui décrit le contexte du projet, ses objectifs, ses utilisateurs, ses fonctionnalités et ses contraintes. Il indique également les livrables attendus, le budget disponible, le calendrier souhaité et les critères qui serviront à valider le futur site.

Il peut concerner la création d'un site vitrine, d'une boutique en ligne, d'un espace client, d'un portail éditorial ou la refonte d'un site existant. Son niveau de détail dépend donc de la taille et de la complexité du projet.

Une petite entreprise qui souhaite présenter ses services n'a pas besoin d'un document de cent pages. Elle doit malgré tout préciser ses objectifs, ses publics, les contenus à intégrer, les formulaires attendus et les personnes chargées de prendre les décisions. À l'inverse, une plateforme connectée à plusieurs logiciels internes réclamera une description technique beaucoup plus poussée.

Le cahier des charges devient ainsi le point de référence du commanditaire, du chef de projet, des designers, des développeurs et des personnes chargées du contenu. Chacun travaille sur la même définition du projet.

Que doit contenir un cahier des charges pour un site internet ?

Un cahier des charges de site internet doit présenter l'entreprise, les objectifs du projet, les publics visés, l'arborescence, les contenus, les fonctionnalités, les attentes graphiques et les contraintes techniques. Il doit aussi préciser le budget, le planning, les responsabilités, les livrables et la méthode utilisée pour valider le site.

Ces informations ne sont pas de simples formalités. Elles aident le prestataire à comprendre ce qu'il doit produire et à calculer le temps de conception, de développement, d'intégration et de recette. Elles donnent également au commanditaire des devis fondés sur un périmètre comparable.

Le contexte de l'entreprise et du projet

La première partie présente brièvement l'activité, les produits ou services proposés, la clientèle et le positionnement de l'entreprise. Elle explique aussi l'origine du projet. Il peut s'agir d'une création, d'une refonte graphique, d'une migration technique ou d'une évolution liée à de nouveaux services.

Dans le cadre d'une refonte, il faut dresser un état des lieux du site existant. Le document peut mentionner le système de gestion de contenu utilisé, les performances observées, les problèmes de navigation, les contenus à conserver et les outils déjà connectés. Les données disponibles dans les outils d'analyse peuvent aussi éclairer les pages les plus consultées et les parcours qui fonctionnent mal.

Les objectifs et les indicateurs de réussite

« Moderniser le site » ne suffit pas. La formulation est trop vague pour orienter les choix. Il vaut mieux préciser ce que le nouveau site devra changer dans l'activité : générer davantage de demandes de devis, vendre des produits, réduire les appels répétitifs, présenter un catalogue ou faciliter le recrutement.

Chaque objectif peut ensuite être associé à un indicateur mesurable. Selon le projet, il peut s'agir du nombre de formulaires reçus, du taux de conversion, des ventes réalisées, des créations de comptes ou des candidatures déposées. Ces indicateurs évitent de juger le résultat sur la seule apparence des pages.

Les publics concernés

Le cahier des charges décrit les principales catégories d'utilisateurs et ce qu'elles viennent chercher. Un prospect, un client existant, un candidat et un partenaire n'attendent pas les mêmes informations. Ils n'empruntent pas non plus le même parcours.

Une fiche courte suffit pour chaque public : contexte, besoin, niveau de connaissance, appareil principalement utilisé et action attendue. Cette description aide à hiérarchiser les contenus et à concevoir une navigation plus logique.

L'arborescence et les contenus

L'arborescence du site web présente la hiérarchie des pages. Elle part généralement de la page d'accueil puis répartit les contenus entre les différentes rubriques et sous-rubriques. Un schéma ou une liste indentée suffit pour une première version.

Pour chaque page importante, le document peut préciser son objectif, son public, son contenu et l'action proposée. Il faut aussi indiquer qui fournit les textes, les images, les vidéos, les fiches produits et les traductions. Cet oubli paraît anodin, mais il retarde souvent la mise en ligne.

Le référencement naturel doit être anticipé à ce stade. L'organisation des pages, le choix des sujets, la structure des URL et la reprise des contenus existants influencent directement la visibilité du futur site. Pour une refonte, un tableau de correspondance entre les anciennes et les nouvelles URL doit être préparé afin d'organiser les redirections.

Les fonctionnalités attendues

Une fonctionnalité décrit ce que l'utilisateur doit pouvoir faire. Le document peut mentionner un formulaire de contact, un moteur de recherche, une réservation, un paiement en ligne, un compte client, un espace documentaire ou une inscription à une newsletter.

Chaque fonction mérite une courte description de son fonctionnement. Pour un formulaire, précisez les champs, les destinataires, le message de confirmation et le traitement des données. Pour un espace client, indiquez les documents consultables, les droits d'accès et la procédure de récupération du mot de passe.

Astuce de Chloé. Classez les fonctionnalités en trois colonnes : nécessaires au lancement, utiles dans un second temps et optionnelles. Cette hiérarchie évite de charger la première version avec des développements coûteux dont l'usage réel reste incertain.

Le design et l'expérience utilisateur

Le cahier des charges peut contenir la charte graphique, le logo, les couleurs, les typographies et quelques références visuelles. Les exemples servent à exprimer une ambiance ou une préférence, pas à demander la copie d'un autre site.

Les wireframes donnent une première représentation de l'organisation des pages. Ils indiquent la position des menus, des textes, des images, des formulaires et des boutons sans figer le rendu graphique. Sur un projet complexe, ils aident à valider les parcours avant de travailler sur les maquettes détaillées.

Les contraintes techniques

Cette partie recense l'hébergement existant, le nom de domaine, les logiciels à connecter, les formats de données, les navigateurs concernés et les besoins de maintenance. Elle peut également décrire les niveaux d'accès attendus dans l'interface d'administration.

Si vous ne maîtrisez pas les technologies web, restez centré sur le résultat attendu. Écrire « le stock affiché sur le site doit être synchronisé avec le logiciel de gestion » est plus utile que d'imposer une solution technique choisie au hasard. Le prestataire pourra alors proposer l'architecture adaptée et expliquer ses choix.

Quelle différence entre un cahier des charges fonctionnel et technique ?

Le cahier des charges fonctionnel décrit ce que le site doit faire pour ses utilisateurs et pour l'entreprise. Le cahier des charges technique explique comment la solution sera construite et exploitée. Les deux documents parlent du même projet, mais ils ne répondent pas aux mêmes questions.

Le cahier des charges fonctionnel

La partie fonctionnelle décrit les parcours, les actions disponibles et les résultats attendus. Elle répond notamment aux questions suivantes :

  • Quels utilisateurs accéderont au site ?
  • Quelles informations viendront-ils chercher ?
  • Quelles actions pourront-ils effectuer ?
  • Quels contenus leur seront proposés ?
  • Quels droits seront associés à chaque type de compte ?
  • Comment l'entreprise traitera-t-elle les demandes reçues ?

Cette partie doit rester compréhensible par les équipes métier. Elle traduit le besoin sans entrer trop tôt dans le choix d'un langage de programmation ou d'un framework.

Le cahier des charges technique

La partie technique précise l'environnement d'hébergement, le système de gestion de contenu, les connexions avec les outils existants, les règles de sauvegarde et les contraintes de performance. Elle peut aussi traiter la sécurité, la disponibilité du service et les procédures de mise à jour.

Sur les projets complexes, cette partie est souvent rédigée ou complétée avec un développeur, un responsable informatique ou une assistance à maîtrise d'ouvrage. Les choix doivent découler des besoins fonctionnels et des contraintes réelles de l'entreprise.

Comment rédiger un cahier des charges de site web ?

La rédaction devient plus simple lorsqu'elle suit l'ordre naturel du projet. Il faut partir du besoin métier, décrire les utilisateurs puis détailler les pages et les fonctionnalités. Les choix graphiques et techniques viennent ensuite.

  1. Présentez l'entreprise, son activité et le contexte du projet.
  2. Décrivez le site existant lorsqu'il s'agit d'une refonte.
  3. Fixez les objectifs du futur site et les indicateurs associés.
  4. Identifiez les utilisateurs et leurs principaux parcours.
  5. Construisez l'arborescence et listez les contenus nécessaires.
  6. Décrivez chaque fonctionnalité avec son comportement attendu.
  7. Ajoutez les références graphiques, les wireframes et la charte existante.
  8. Recensez les contraintes techniques et les outils à connecter.
  9. Définissez les livrables, les responsabilités et les critères de validation.
  10. Indiquez le budget disponible et les principales échéances.

Prévoyez une version datée du document. Lorsqu'une décision modifie le périmètre, consignez-la dans une nouvelle version et partagez-la avec toutes les personnes concernées. Un cahier des charges figé alors que le projet évolue rapidement perd sa fonction de référence.

Qui doit rédiger le cahier des charges du site ?

Le commanditaire reste responsable de l'expression du besoin, car il connaît l'entreprise, ses clients et ses objectifs. Il n'est pourtant pas obligé de travailler seul. Le futur prestataire, le service informatique, les équipes commerciales et les personnes chargées des contenus peuvent compléter les parties relevant de leur métier.

Quand j'étais en agence, les projets les plus fluides n'étaient pas nécessairement ceux qui possédaient le document le plus long. Ils avaient surtout un décideur identifié, des besoins classés par priorité et une méthode claire pour valider chaque étape.

Une personne doit donc piloter la rédaction, centraliser les remarques et arbitrer les demandes contradictoires. Sans ce responsable, le document risque de devenir une accumulation de préférences personnelles.

Quelles erreurs faut-il éviter dans un cahier des charges ?

La première erreur consiste à employer des formulations vagues comme « site moderne », « navigation fluide » ou « design attractif ». Ces expressions ne définissent aucun résultat vérifiable. Un exemple, un parcours ou un critère observable apporte davantage d'informations.

Autre défaut fréquent : détailler la solution avant d'avoir décrit le besoin. Imposer un outil, une extension ou un langage peut fermer la porte à une proposition plus adaptée. Distinguez les contraintes imposées par l'entreprise des choix qui restent ouverts à la discussion.

Il faut également éviter de présenter toutes les fonctionnalités comme prioritaires. Cette absence de classement gonfle le devis et complique les arbitrages. Une première version resserrée peut être mise en ligne puis enrichie à partir des usages constatés.

Le budget ne doit pas se limiter au développement initial. Pensez à la rédaction, aux photographies, aux licences, à l'hébergement, à la maintenance, à la formation et aux évolutions. Précisez aussi les éléments exclus du projet afin d'écarter les malentendus.

Enfin, prévoyez la recette du site. Le cahier des charges doit indiquer qui vérifie les pages, les formulaires, les affichages mobiles, les fonctionnalités et les contenus avant la mise en ligne. Un projet n'est pas validé parce que les pages sont visibles. Il l'est lorsque les critères définis au départ ont été testés et acceptés.

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